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Ma mésaventure ...

 


                                                                  

                                                                                        Le Dodge WC54 tel qu'arrivé chez moi.

 

Après 12 ans de bons et loyaux services, je me suis résigné à me séparer de ce bon vieux Jimmy qui m'a permis de participer à de nombreuses commémorations et de parcourir les routes de France sans panne majeure (2 fois de la Côte d'Azur vers la Normandie, une fois à Béthune et son dernier convoyage dans la région de Chartres).

Ma décision fut prise pour deux raisons :
D'une part il dormait dehors (impossible de construire un abri) sous une bâche plastique dont la manipulation n'était pas sans risque sur un escabeau et ensuite debout sur les roues de secours.
D'autre part l'accès est étroit et aléatoire, encombré de véhicules souvent mal garé.

Son remplaçant devant être plus petit et offrant des capacités de camping-car, mon choix s'est tourné vers un DODGE ambulance WC54.

Pas facile à trouver, d'autant que je voulais un véhicule en bon état et sans mécanique à faire.
De plus je cherchais cette bête rare dans la région pour faciliter son rapatriement.

C'est une annonce alléchante dans Véhicules Militaires Magazine N°39 qui me mis sur la piste de ce que je cherchais : Etat neuf, rien à faire, part toutes distances... Mais pour un prix somme toute assez élevé.

J'ai constaté lors de ma première visite que le véhicule n'était pas trop conforme à la description et qu'il y avait pas mal de choses à faire et était finalement, comme on dit "dans son jus".

Le vendeur (Monsieur A. C. de Laragne-Montéglin, dpt. 05) m'a assuré avoir entièrement refait les freins au silicone et fait constater qu'il n'y avait pas de fuite aux ponts et aux boites (on verra par la suite pourquoi !). Le moteur tournait correctement et un essai sur route (vendeur au volant) n'a rien montré de particulier.

Irrité par mes remarques soi-disant de détail (pneus craquelés, accessoires manquants, etc.), j'ai pu quand même négocier une baisse de 1 000 euros à condition que je passe le contrôle technique, ce qu'il ne voulait pas faire même avec un centre à 50 mètres de chez lui.

ERREUR...ERREUR...ERREUR

Grave erreur que de faire confiance à un inconnu malhonnête, de mauvaise foi, mal élevé, menteur et sans scrupule.

Voici la suite des événements :

Ayant conclu l'affaire, versé un acompte et signé un papier de prise du véhicule en l'état (deuxième erreur), il me restait à aller le chercher.
Roule "toutes distances" donc 200 km à faire, même par des routes de montagne semblait être une simple formalité.
Le 18 juillet 2011 je me suis rendu en car à son domicile et arrivé vers midi, m'attendant à déjeuner (comme c'était prévu) avant de faire les papiers et de rapatrier le véhicule, je me suis rendu compte qu'il n'avait qu'une hâte c'était que je le paye et que je m'en aille.
De déjeuner il n'en a pas été question, les papiers ont été vite faits et lors de la sortie du DODGE du garage, j'ai constaté qu'il y avait un problème, comme si le frein à main était resté serré.
La réponse à ma remarque a été "mais non, il n'y a pas de problème de frein".
Comme nous allions au poste d'essence situé à 200 mètres, je lui ai demandé d'arrêter et d'essayer de pousser le véhicule à deux sur une aire cimentée plate, ce qui normalement ne doit pas poser de problème. Impossible de le faire bouger. A ma remarque, je me suis entendre dire que "les freins, il faut que ça se fasse..."(!!!)
Arrivé au poste à essence, même phénomène et à ma troisième remarque concernant les freins, il m'a rétorqué : "Il commence à m'emmerder avec ces problèmes de freins" et est reparti chez lui.

Neuf personnes sur dix lui auraient sauté dessus, mais malheureusement je suis la dixième...

J'ai donc fait mon plein et suis reparti chez lui pour explication mais l'individu s'est barricadé et à refusé de se manifester.

A proximité je connaissais un ami disposant d'un pont élévateur. Grâce à celui-ci, nous avons pu constater que les roues arrières étaient loin de tourner librement malgré un desserrage des régleurs. Parti faire un essai sur route, un nouveau problème s'est manifesté : des à-coups (allumage, carburation ?)

J'ai alors pris la décision de prendre la route pour 200 km de route de montagne.

Ce qui devait arriver est arrivé, en rade au bord de la route au bout de 30 km non pas par des freins qui chauffaient quand même, mais par des à-coups de plus en plus répétés.
Le flexible entre la pompe et le carburateur étant transparent (original mais utile dans ce cas) j'ai observé plein de bulles, signe du vapor-lock ou bien d'une prise d'air. Un rapide coup d'oeil sur le flexible avant la pompe m'a montré la cause : flexible bricolé avec deux serflex, du scotch et de la peinture noire pour camoufler le tout !

Aucun outil, aucune pièce de rechange d'où appel à l'assistance, remorquage et rapatriement du véhicule.

Donc fin de l'aventure qui aurait pu mal se terminer avec des freins déficients sur des routes de montagne et (je l'ai su par la suite) des pneus sous-gonflés et pas d'huile dans la boite transfert.

De cette longue liste, il est évident que certains points m'avaient sauté aux yeux et je ne les reproche pas à cet individu. C'est simplement le signe d'un "je-m'en-foutiste" voulant à tout prix fourguer son engin au premier pigeon venu et il a réussi !

Ce que je lui reproche c'est de m'avoir caché la vérité en ce qui concerne sa "restauration" des freins qu'il savait en mauvais état (d'où le refus de passer le CT), d'avoir bricolé un flexible d'essence à la dernière minute, de me faire remarquer l'absence de fuite (pour éviter les fuites, ne pas mettre d'huile dans les boites...) et de ne pas avoir préparé le véhicule pour son départ (niveau fluides, pression pneus, etc.).

La remise en état des freins a été faite en dépit du bon sens. Les cylindres arrières dataient de l'ancien liquide et étaient mangés par la rouille. Quand on passe au silicone, on change tout et on ne se contente pas de passer d'un liquide à un autre.

La page (amère) est tournée et c'est l'heure de la remise en état.

Il s'avère que c'est une ancienne ambulance des pompiers. La peinture a été directement appliquée sur la peinture rouge sans aucun décapage préalable.
La différence entre un véhicule provenant de l'Armée et le même venant des pompiers est que dans le premier cas il reste comme à l'origine même si des pièces sont changées. Le véhicule doit rester conforme en tous points aux manuels techniques. On n'improvise pas et on ne bricole pas chez les militaires !
Par contre chez les pompiers ce même véhicule devient civil et donc sujet à des modifications souvent profondes. Même si pour les collectionneurs cela semble une horreur, il n'y a là rien de critiquable mais encore faut-il l'accepter.

Naturellement j'ai refait les freins à neuf (au CT, dissymétrie 4% à l'avant et 1% à l'arrière !), la batterie changée ainsi que les flexibles, les joints et les filtres. Mécaniquement il est opérationnel. Il reste encore des points de détail à régler, essuie-glace, phare de recherche, turbine dégivrage pare-brise (introuvable!) et des rebouchages de carrosserie.

Si au cours d'une cérémonie commémorative dans le sud de la France vous entendez le son d'un clairon, vous pourrez vous remettre en mémoire ces quelques lignes. Je n'en dis pas plus...

 

 

 

 

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